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⏱️ Guide mis à jour — Mai 2026

Licenciement en période d'essai en Suisse : ce que vous devez savoir

La période d'essai est le moment le plus vulnérable de votre vie professionnelle. Préavis de 7 jours, zéro protection maladie, pas d'obligation de motiver. Ce guide vous explique les règles exactes et les pièges à éviter.

1 mois
durée légale par défaut
7 jours
délai de préavis (calendaires)
Zéro
protection maladie / grossesse

1. Les règles de base : durée et délai

En Suisse, la période d'essai est le premier mois de travail, sauf accord contraire. Elle peut être prolongée par écrit jusqu'à 3 mois maximum (art. 335b CO). Pendant cette période, chaque partie peut résilier le contrat moyennant un préavis de 7 jours calendaires.
  • Les 7 jours sont des jours calendaires (week-end inclus), pas des jours ouvrables.
  • Le délai peut prendre fin n'importe quel jour — pas besoin d'attendre la fin du mois.
  • Le contrat ou une CCT peut prévoir un délai plus long que 7 jours, mais jamais plus court.
  • Si le contrat ne mentionne pas de période d'essai, c'est le premier mois qui s'applique automatiquement.

Sources : ch.ch — période d'essai · FAQ SECO

2. Ce qui change par rapport à un contrat confirmé

CritèrePériode d'essaiAprès la période d'essai
Délai de préavis7 jours (n'importe quel jour)1 à 3 mois (fin de mois)
Protection maladieAucune30 / 90 / 180 jours (art. 336c CO)
Protection grossesseAucuneToute la grossesse + 16 semaines
Protection service militaireAucune4 semaines avant à 4 semaines après
Motif obligatoireNonNon (mais licenciement abusif possible)
Licenciement abusifPossible (art. 336 CO s'applique)Possible
⚠️ Le point crucial

Pendant la période d'essai, la protection contre le licenciement en temps inopportun (art. 336c CO) ne s'applique pas. Votre employeur peut vous licencier même si vous êtes en arrêt maladie, enceinte ou en service militaire.

En revanche, les règles sur le licenciement abusif (art. 336 CO) s'appliquent normalement — un licenciement discriminatoire ou en représailles reste abusif, même pendant la période d'essai. Voir notre guide licenciement abusif.

3. Prolongation automatique de la période d'essai

Si vous êtes absent pendant la période d'essai pour cause de maladie, d'accident ou de service militaire, la période d'essai est automatiquement prolongée du nombre exact de jours d'absence (art. 335b al. 3 CO).

Exemple : votre période d'essai est de 3 mois (1er janvier au 31 mars). Vous êtes en arrêt maladie du 10 au 20 février (11 jours). Votre période d'essai est prolongée de 11 jours et se termine le 11 avril au lieu du 31 mars.
⚠️ Attention

Cette prolongation est automatique — votre employeur n'a pas besoin de vous la notifier. La prolongation pour maladie s'ajoute aux 3 mois maximum prévus par accord : il est donc possible d'avoir une période d'essai effective de plus de 3 mois dans des cas extrêmes.

4. Les pièges fréquents

1
Croire que la période d'essai protège contre le licenciement
C'est l'inverse. La période d'essai est le moment où vous êtes le MOINS protégé. Pas de protection maladie, pas de protection grossesse.
2
Penser que 3 mois est la durée par défaut
Non. La durée légale est d'1 mois. Les 3 mois ne s'appliquent que si c'est écrit dans votre contrat. Vérifiez.
3
Confondre « 7 jours » et « 1 semaine de travail »
Ce sont 7 jours calendaires (week-end inclus). Si vous êtes licencié un mercredi, votre dernier jour est le mercredi suivant.
4
Signer « pas de période d'essai » sans comprendre
Supprimer la période d'essai vous donne immédiatement le préavis d'1 mois et la protection maladie de 30 jours. C'est à votre avantage.
5
Ne pas compter les jours précisément
Si votre période d'essai se termine le 31 mars et que vous recevez votre licenciement le 1er avril, c'est le préavis normal (1 mois pour fin de mois) qui s'applique. Un jour fait toute la différence.
6
Ignorer le droit au chômage
Même licencié après quelques semaines, vous pouvez avoir droit au chômage si vous remplissez la condition de cotisation (12 mois sur les 2 dernières années, tous emplois confondus).

5. Que faire si vous êtes licencié en période d'essai

1
Vérifiez la date exacte
Êtes-vous encore en période d'essai ? Comptez les jours depuis votre entrée en fonction, en tenant compte d'éventuelles prolongations pour absence.
2
Vérifiez le délai de 7 jours
Votre employeur doit respecter le préavis, même en période d'essai. Un renvoi « immédiat » sans juste motif pendant la période d'essai reste illégal.
3
Demandez le motif
L'employeur n'est pas obligé de le donner spontanément, mais vous pouvez le demander par écrit (art. 335 al. 2 CO).
4
Inscrivez-vous au chômage
Le premier jour ouvrable après la fin de votre contrat. N'attendez pas.
5
Vérifiez que le licenciement n'est pas abusif
Même pendant la période d'essai, un licenciement discriminatoire ou en représailles est abusif et donne droit à une indemnité.
🏛️
Inscrivez-vous au chômage dans les délais
Ne perdez aucun jour d'indemnisation

6. Questions fréquentes

Mon employeur peut-il me licencier le dernier jour de la période d'essai ?
Oui. Le licenciement doit être notifié pendant la période d'essai pour que le délai de 7 jours s'applique. Si la notification a lieu le dernier jour, le contrat se termine 7 jours plus tard — même si cette date tombe après la fin théorique de la période d'essai. C'est le moment de la notification qui compte.
La période d'essai peut-elle être supprimée ?
Oui. Les parties peuvent convenir par écrit de supprimer la période d'essai. Dans ce cas, le préavis ordinaire (1 mois pour fin de mois) et les protections de l'art. 336c CO s'appliquent dès le premier jour. C'est généralement favorable au salarié.
J'ai été licencié pendant la période d'essai — ai-je droit au chômage ?
Oui, à condition de remplir la période de cotisation : vous devez avoir cotisé à l'assurance-chômage pendant au minimum 12 mois au cours des 2 dernières années (art. 13 LACI). Ces 12 mois peuvent avoir été accumulés chez différents employeurs. Si vous venez de commencer votre vie professionnelle, des exceptions existent (libération des conditions de cotisation).
Un CDD a-t-il aussi une période d'essai ?
Oui. Sauf accord contraire, un contrat à durée déterminée comporte aussi une période d'essai d'un mois. Le contrat peut la supprimer ou la prolonger jusqu'à 3 mois. Pendant cette période, les mêmes règles (7 jours, pas de protection) s'appliquent.
Après la période d'essai, quels délais s'appliquent ?
Les délais légaux sont de 1 mois (1ère année), 2 mois (2e-9e année) et 3 mois (dès 10e année), toujours pour la fin d'un mois.

En résumé

  • La période d'essai est de 1 mois par défaut, prolongeable à 3 mois par écrit
  • Le préavis est de 7 jours calendaires, pouvant se terminer n'importe quel jour
  • Aucune protection contre le licenciement en cas de maladie, grossesse ou service militaire
  • La période d'essai est prolongée automatiquement en cas d'absence (maladie, accident, militaire)
  • Le licenciement abusif reste interdit, même pendant la période d'essai

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