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Recours et contestation

Contester un licenciement en Suisse : délais, étapes et recours selon votre situation

Vous venez de recevoir votre licenciement et vous le trouvez injuste ? En Suisse, vous ne pouvez pas « refuser » un congé — mais vous pouvez le contester et obtenir jusqu'à 6 mois de salaire d'indemnité, à condition de respecter deux délais stricts.

180 jours
pour agir en justice après la fin du contrat
6 mois
de salaire d'indemnité maximum
Gratuit
jusqu'à 30 000 CHF de valeur litigieuse

1. Peut-on contester un licenciement en Suisse ?

En Suisse, contester un licenciement ne permet généralement pas de récupérer son emploi : le congé reste valable même s'il est abusif. La contestation vise à obtenir une indemnité pouvant atteindre 6 mois de salaire (art. 336a CO) — ou à faire constater la nullité du congé dans les cas protégés.

C'est la grande différence avec le droit français : il n'existe pas de « réintégration » en droit privé suisse. En revanche, la procédure est plus simple et souvent gratuite qu'on ne le croit. La clé, ce sont les délais : une opposition écrite avant la fin du préavis, puis une action en justice dans les 180 jours après la fin du contrat. Passé ces délais, vos droits s'éteignent définitivement.

Avant de vous lancer, vérifiez que votre licenciement entre dans l'une des situations contestables ci-dessous.

2. Quel recours selon votre situation ?

Votre situationQualification juridiqueVotre recoursDélai à respecter
Licencié pour un motif interdit (opinion, âge, activité syndicale, réclamation de vos droits…)Licenciement abusif (art. 336 CO)Opposition écrite + action en indemnitéOpposition avant la fin du préavis, action dans les 180 jours
Licencié pendant un arrêt maladie, une grossesse ou le service militaireLicenciement nul (art. 336c CO)Le congé est sans effet — signalez la nullité et offrez vos servicesPas de délai de péremption, mais réagissez immédiatement par écrit
Licencié avec effet immédiat sans juste motifRésiliation immédiate injustifiée (art. 337c CO)Action en paiement du salaire dû + indemnitéPas d'opposition préalable requise — prescription ordinaire de 5 ans, agissez vite
Préavis mal calculé ou non-respect de la forme prévue au contratCongé irrégulierRéclamation écrite, le congé est reporté à la date correcteAvant la fin supposée du contrat
Certificat de travail inexact ou négatifLitige sur le certificatDemande de rectification, puis tribunalVoir notre page certificat de travail

Votre cas relève du licenciement abusif ? La définition complète des motifs, les exemples de jurisprudence et le calcul de l'indemnité sont détaillés sur notre page licenciement abusif en Suisse. Vous étiez en arrêt maladie ? Consultez les périodes de protection sur licenciement et arrêt maladie. Un problème de certificat ? Voyez certificat de travail après licenciement.

3. Les 2 étapes pour contester un licenciement ordinaire

Pour un licenciement ordinaire que vous estimez abusif, la loi impose une procédure en deux temps (art. 336b CO) :

  1. 1

    L'opposition écrite

    Envoyez une lettre recommandée à votre employeur avant la fin du délai de congé, dans laquelle vous vous opposez au licenciement et exprimez votre volonté de poursuivre les rapports de travail. Sans cette lettre, vous perdez tout droit à indemnité, même si le licenciement est manifestement abusif.

  2. 2

    L'action en justice dans les 180 jours

    Si l'employeur maintient le congé et qu'aucun accord n'est trouvé, déposez une requête de conciliation auprès du tribunal des prud'hommes compétent au plus tard 180 jours après la fin du contrat. Ce délai est péremptoire : il ne peut être ni prolongé, ni suspendu — même pas par des négociations en cours.

Entre les deux étapes, une fenêtre de négociation s'ouvre souvent : beaucoup d'employeurs préfèrent transiger (indemnité, certificat favorable, libération du préavis) plutôt que d'aller au tribunal. C'est aussi à ce moment qu'une convention de départ peut vous être proposée — vérifiez son impact sur vos allocations avant de signer.

Pendant la procédure, vos allocations chômage ne sont pas suspendues : inscrivez-vous à l'ORP dès la fin de votre contrat, sans attendre l'issue de la contestation.

4. Cas particuliers : licenciement immédiat et période de protection

Licenciement avec effet immédiat injustifié

Si vous avez été renvoyé du jour au lendemain sans juste motif, la procédure est différente : aucune opposition préalable n'est nécessaire. Vous pouvez directement réclamer ce que vous auriez gagné jusqu'à la fin de votre délai de congé ordinaire, plus une indemnité pouvant atteindre 6 mois de salaire (art. 337c CO). Le délai de 180 jours ne s'applique pas ; vos créances se prescrivent selon les règles ordinaires (5 ans pour les créances salariales). Les justes motifs reconnus et les conséquences sur le chômage sont détaillés sur notre page licenciement immédiat.

Licenciement pendant une période de protection

Si le congé vous a été notifié pendant un arrêt maladie, une grossesse (et les 16 semaines après l'accouchement) ou un service obligatoire, il est nul de plein droit : juridiquement, il n'existe pas. Vous n'avez pas à le « contester » au sens strict — signalez la nullité par écrit à votre employeur et continuez d'offrir vos services. L'employeur devra notifier un nouveau congé après la fin de la protection. Les durées exactes de protection selon votre ancienneté sont expliquées sur licenciement et arrêt maladie et licenciement pendant la grossesse.

5. Combien coûte une contestation ?

Contester un licenciement coûte moins cher qu'on ne l'imagine : dans toute la Suisse, la procédure devant les tribunaux du travail est gratuite jusqu'à une valeur litigieuse de 30 000 CHF (art. 114 CPC) — ce qui couvre la grande majorité des litiges de licenciement. La conciliation préalable est également gratuite dans cette limite.

Restent à votre charge : les honoraires d'avocat si vous en mandatez un (non obligatoire aux prud'hommes), sauf si vous disposez d'une assurance de protection juridique ou de l'assistance d'un syndicat. À Genève et dans le canton de Vaud, les juridictions prud'homales sont conçues pour que les salariés puissent agir seuls — les spécificités cantonales sont détaillées sur notre page licenciement abusif.

Avant d'engager la procédure, chiffrez votre situation : calculez vos allocations chômage pour connaître vos revenus pendant la contestation.

6. Le modèle de lettre d'opposition

Votre lettre d'opposition doit contenir au minimum : vos coordonnées et celles de l'employeur, la date de réception du congé, une phrase d'opposition claire (« Je m'oppose formellement au congé qui m'a été notifié le… ») et l'expression de votre volonté de poursuivre les rapports de travail. Envoyez-la en recommandé et conservez le récépissé — c'est votre preuve du respect du délai.

Vous n'avez pas besoin de justifier le caractère abusif dans la lettre : la motivation viendra plus tard, dans la procédure. L'essentiel est d'agir avant la fin du préavis.

📄
Modèle de lettre d'opposition prêt à l'emploi
Téléchargez-le sur notre page lettre de licenciement

7. Questions fréquentes

Puis-je refuser un licenciement en Suisse ?
Non. Le licenciement est un acte unilatéral : il produit ses effets même si vous refusez de signer la lettre ou de la réceptionner. Refuser un recommandé ne bloque rien — le congé est réputé notifié. Ce que vous pouvez faire, c'est vous opposer par écrit pour préserver votre droit à une indemnité si le congé est abusif.
Quel est le délai pour contester un licenciement ?
Deux délais cumulatifs : l'opposition écrite doit parvenir à l'employeur avant la fin du délai de congé, puis l'action en justice doit être déposée dans les 180 jours après la fin du contrat. Le second délai est péremptoire : dépassé même d'un jour, votre droit s'éteint définitivement.
Contester mon licenciement retarde-t-il mes allocations chômage ?
Non. L'inscription à l'ORP et le versement des allocations sont indépendants de la procédure de contestation. Inscrivez-vous dès la fin de votre contrat. Si vous obtenez plus tard une indemnité pour licenciement abusif, elle n'est en principe pas déduite de vos allocations — elle répare le tort subi, elle ne remplace pas un salaire.
Mon employeur doit-il me donner le motif de mon licenciement ?
Oui, si vous le demandez : l'employeur doit motiver le congé par écrit sur demande (art. 335 al. 2 CO). Faites cette demande systématiquement avant de contester — un motif écrit incohérent ou fallacieux est une pièce précieuse pour démontrer le caractère abusif.
Que puis-je obtenir si je gagne ?
Pour un licenciement abusif : une indemnité fixée par le juge, au maximum 6 mois de salaire (en pratique souvent 1 à 3 mois). Pour un licenciement immédiat injustifié : le salaire jusqu'à la fin du préavis ordinaire plus l'indemnité. Dans les deux cas, le contrat reste terminé — vous ne récupérez pas votre poste.
Une contestation vaut-elle la peine pour un petit salaire ou une courte ancienneté ?
Souvent oui, car la procédure est gratuite jusqu'à 30 000 CHF et l'opposition écrite ne coûte qu'un recommandé. Même sans aller au tribunal, une opposition bien formulée ouvre la porte à une transaction (indemnité négociée, certificat favorable). Faites-vous accompagner par un syndicat si vous êtes membre.
En résumé :
  • On ne peut pas « annuler » un licenciement ordinaire en Suisse : la contestation vise une indemnité jusqu'à 6 mois de salaire.
  • Deux délais stricts : opposition écrite avant la fin du préavis, action en justice dans les 180 jours après la fin du contrat.
  • Licenciement pendant maladie/grossesse/service = nul : signalez la nullité, pas besoin de procédure d'opposition.
  • Licenciement immédiat injustifié = salaire dû + indemnité, sans opposition préalable.
  • La procédure est gratuite jusqu'à 30 000 CHF dans toute la Suisse.
  • Inscrivez-vous au chômage immédiatement — la contestation ne suspend pas vos allocations.

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